Sport
Anne-Lise Faye, Julie Bergeaud, Ben Bassaw, Sylvie Mériguet, Mathilde Lagarde. Ils sont Charentais, ils sont jeunes, ils sont doués et ils sont tous entraînés par Gérard Lacroix au Pôle espoir de Poitiers. Le conseiller technique du Poitou-Charentes prend en charge chaque année l'entraînement des meilleurs espoirs régionaux. Cette année, ils sont 25 à progresser sous ses ordres. 45 autres s'entraînent dans le centre d'entraînement régional à Poitiers. Un autre existe à Niort. Au programme, des entraînements quasi quotidiens. «Car en athlétisme, c'est impossible d'atteindre le haut niveau sans s'entraîner beaucoup», insiste Gérard Lacroix. «Et c'est ce qui manque un peu en Charente. Même s'il y a peu de licenciés et peu de clubs, il y a un potentiel, un réservoir ici. Mais il faudrait que les athlètes puissent s'entraîner plus et dans des bonnes conditions», ajoute le CTS qui ne comprend toujours pas «comment il est possible qu'une ville comme Angoulême, qu'un club comme le G2A, le plus grand club de la région, n'aient pas de piste?»
Malgré tout, les athlètes charentais progressent. A grandes enjambées comme le sprinter Ben Bassaw. «C'est vrai qu'il a bien progressé. Il a des capacités physiques et un potentiel élevés. Il s'entraîne désormais quotidiennement et est sérieux et appliqué. S'il prend son temps, il peut aller très haut».
D'autres évoluent à un rythme imposé par leurs études. C'est le cas d'Anne-Lise Faye, étudiante en droit à Bordeaux et athlète à Poitiers. «Et ce n'est pas toujours évident pour elle», avoue Gérard Lacroix.
Le constat vaut pour beaucoup de jeunes athlètes que le CTS incite à rejoindre le pôle ou les centres d'entraînements régionaux: «Il faut des structures pour garder ces jeunes. Entre la troisième et la seconde, il y a un fossé avec un travail scolaire important à assurer. Et, comme les autres sports, on a du mal à avoir des licenciés en junior ou en espoir, rappelle le CTS. En revanche, pour les collèges, il n'y a pas de structures prévues. On a estimé que ce n'était pas une bonne solution et qu'il valait mieux que les athlètes restent avec leur famille et leur club».
«Lavillenie a donné une très bonne image de son sport». Gérard Lacroix ne s'inquiète pas du départ vers Clermont de Renaud Lavillenie, un modèle pour les jeunes perchistes de Charente et de la région, mais aussi pour les jeunes athlètes en général. «C'est évidemment dommage qu'il quitte la région, mais il est tellement ancré à Cognac que ce n'est pas un problème, assure le CTS. Il a donné une très bonne image de sa discipline. En junior, c'était un athlète moyen. Mais il a montré aux autres qu'en persévérant, en s'entraînant beaucoup, on pouvait arriver au plus haut niveau.»









